Coup de fil ce matin d'une cliente : « je ne peux pas venir ce soir, j'ai eu une dépense imprévue, je préfère reporter notre rendez-vous début mars ?
»
- Pas de problème, comme vous voulez. Maintenant, je peux encaisser votre chèque à votre convenance si vous avez envie de venir aujourd'hui tout de même, puisque ce créneau vous est réservé !
- Non, ça me gène de ne pas pouvoir vous payer tout se suite ! »
C'est drôle toutes les fois où l'on culpabilise, surtout celles où il n'y a aucune raison. On dirait que l'on s'habitue avec le temps de culpabiliser très naturellement et spontanément pour pas grand chose.
Je remarque tout de même qu'il y a un point commun entre toutes les personnes qui se soumettent à la culpabilité : l'hypersensibilité. Ce sont des personnes empathiques avec une perception forte des autres et une capacité à se faire facilement déstabiliser par ces mêmes autres, parents, amis, patrons, collègues...
Dans la majorité des cas de figures, j'ai vu lors de mes consultations, que l'on culpabilise de ne pas faire, de mal faire ou de ne pas répondre à une demande. Et lorsque l'on regarde de plus près, on se rend compte que cette demande n'a pas été énoncé très clairement. Parfois, elle n'a même pas été verbalisé du tout. Et comme par hasard, cette demande tombe à un moment de notre vie où nous ne pouvons pas y répondre dans l'immédiat.
Avec un peu plus de discernement, on se rendrait compte que cette demande ne peut être satisfaite que par la personne elle-même qui devrait se prendre en main, mais qui préfère compter sur quelqu'un d'autre, le(la) « bien gentil(le) » autour d’elle qui n'ose pas dire non.
Que se passe-t-il ? L'un attend et fulmine, l'autre rumine, se met sous pression et s'entortille les neurones en se disant qu'il n'est pas gentil de ne pas répondre à la demande. En même temps, il ne peut pas, sa vie, sa capacité, ses forces l'en empêchent.
Et si on se rapproche encore plus près de l'événement qui crée ce sentiment, on voit bien la dépendance de l'un a vis à vis de l'autre. Le demandeur attend et le « coupable » le fait attendre et rien ne se fait en définitif !!! Mais que d’énergie mobilisée !!
Et si la communication était claire au départ :
« J'ai besoin que tu fasses cela pour moi ! »
« Je ne peux pas faire cela, c’est important pour toi que tu le fasses, c'est ta responsabilité et non la mienne. »
Si chacun écoutait et respectait suffisamment l'autre, chacun prendrait ou reprendrait sa place et il ne pourrait pas y avoir ce sentiment de culpabilité qui entraîne cette dépendance.
Et si ces non-dits, ces sous-entendus, ces attentes, ces non-demandes et toute cette culpabilité qui y répond, n'étaient qu'un moyen de fuir nos propres responsabilités?
En définitif, si ces attentes qui nous mettent la pression tombent toujours au mauvais moment, n’était ce pas au fond justement celui que nous avions choisi pour faire avancer notre vie ?
N’est-ce pas une fuite devant nos épreuves, nos difficultés qui nous fait succomber si facilement ?
N'est-ce pas le manque de confiance en nous qui nous fait croire qu'il faudrait d'abord s'occuper de l'autre ?
Alors manipulation, dépendance, problème de positionnement, mauvaise communication ? Ouille… dure dure la culpabilité comme sentiment…
Merci de votre visite et à très vite!